La Suisse met à l’épreuve des hackers son logiciel de vote

logiciel de vote

A l’heure où la question de la généralisation du recours au vote électronique en Suisse commence à émerger, un projet plutôt original est actuellement mené. A l’initiative de la Swiss Post, le logiciel de vote suisse a été mis à l’épreuve des hackers qui ont dû tenter de le pirater dans des conditions similaires à celles d’une élection.

La sécurité du logiciel de vote « testée » par les hackers

Depuis le 25 février 2019, près de 3000 hackers se sont vu confier une mission excessivement sérieuse à savoir pirater le logiciel de vote suisse. En effet, la Swiss Post a pris cette initiative afin que les éventuelles failles présentes dans le logiciel de vote suisse soient repérées.

Pour ce faire, chaque pirate informatique a reçu une carte d’électeur mais aussi un accès au code source du logiciel de vote. Bien évidemment, ceux qui parviendront à manipuler leur vote en contournant les systèmes de sécurité seront récompensées.

Les plus gros bonus disponibles atteignent 50 000 CHF et au total, la Confédération a prévu de verser jusqu’à 250 000 CHF pour récompenser ceux qui pirateront le logiciel de vote.

La généralisation du vote électronique ne séduit pas en Suisse

Alors que certains plaident pour faire du vote électronique un mode officiel de vote, cette initiative a de nombreux détracteurs en Suisse.

En premier lieu, c’est l’Organisation des Suisses de l’étranger qui est opposée à sa généralisation arguant que la sécurité du logiciel de vote n’est pas suffisamment garantie pour que la confidentialité du vote soit assurée.

En second lieu, ce sont les hackers eux-mêmes qui se montrent dubitatifs avançant que le code source du logiciel de vote n’est pas open source (en savoir plus sur la menace liée aux logiciels open source).

Enfin, le projet soulève des inquiétudes parce qu’il revient à « privatiser » le processus électoral. En effet, le logiciel appartient à une société privée, en l’occurrence Scylt.

De nombreuses voix s’élèvent donc pour dire que si, à terme, le vote électronique peut s’avérer une bonne solution, il n’est pour l’heure pas question de se précipiter. D’autres réflexions doivent être menées afin de le mettre en place de la meilleure des manières.

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