Objets connectés : le Japon pirate ses citoyens pour renforcer la cybersécurité

Alors que le Japon va accueillir la Coupe du Monde de Rugby à l’automne 2019 mais surtout les Jeux Olympiques durant l’été 2020, il entend bien renforcer sa cybersécurité au cours des prochains mois. Pour y parvenir, il a ainsi annoncé qu’il allait pirater quelque 200 millions d objets connectés appartenant à ses citoyens. Étonnant !

Les objets connectés, une réelle menace pour le Japon

À l’heure où les objets connectés continuent d’inonder le marché, le Japon compte parmi les pays où ces derniers sont les plus présents, chose que l’État ne voit pas forcément d’un bon œil.

Cela tient au fait que la plupart des fabricants d’objets connectés négligent la sécurité, quitte à exposer très largement les clients qui leur font confiance.

Ajoutez à cela les mauvaises pratiques des utilisateurs des objets connectés et il est possible de comprendre pourquoi plus de la moitié des cyberattaques enregistrées en 2017 ont ciblé l’IoT.

Ce constat, plutôt inquiétant, a convaincu le Japon de mieux sensibiliser ses citoyens à ce risque sécuritaire. Mais de là à les pirater, il y avait peut-être un pas…

Quand un Etat se décide à hacker les objets connectés de ses citoyens

À l’heure où tous les spécialistes en cybersécurité s’accordent pour dire que les objets connectés sont une menace mais où tous peinent à fournir des solutions pour la limiter, le Japon a choisi de passer à l’action.

Conscient qu’il ne pourra que peu agir sur les fabricants, il va s’attaquer à ses propres citoyens. Dès ce mois de février, le National Institute of Information and Communications Technology (NICT) va donc hacker les objets connectés présents dans les foyers japonais.

Au total, plus de 200 millions d’objets connectés devraient être hackés sur la base des données (identifiants et mots de passe) retrouvées çà et là sur la Toile. L’objectif du gouvernement est de montrer à ses citoyens qu’ils se montrent négligents dans le choix de leur mot de passe et, en les hackant, de les inciter à opter pour un mot de passe plus fort.

Les routeurs, les webcams puis les différents objets connectés s’inscrivant dans la démarche de « maison intelligente » seront tour à tour piratés, et ce pendant près de 5 ans.

Si cette initiative originale pourrait porter ses fruits, elle est pour l’heure très mal perçue par les Japonais qui estiment que leur gouvernement va intégrer leur sphère privée.

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