Tor et WiFi public dans le collimateur de la Police

A l’heure où des projets de loi relatifs à l’état d’urgence et à la lutte antiterroriste sont débattus dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, la Police française aurait fait savoir, par l’intermédiaire d’une note interne que s’est procurée le journal Le Monde, qu’elle aurait souhaité l’interdiction de Tor et des hotspots Wi-Fi.

Quand le réseau Tor et les nouvelles technologies empêchent les travaux d’enquête

Alors que l’état d’urgence est en vigueur en France jusqu’au mois de février, les services de police auraient indiqué à leur ministre de tutelle, le Ministre de l’Intérieur, que la technologie entravait leur travail d’enquête.

Aussi, afin d’avoir davantage de pouvoirs, surtout durant l’état d’urgence, la police française aurait fait part de son souhait de voir interdits le réseau Tor mais aussi les hotspots WiFi publics.

En effet, même si la surveillance des communications électroniques et des services cloud font partie des mesures exceptionnelles liées à l’état d’urgence, cela n’est pas suffisant pour les équipes de police en charge des vastes enquêtes.

Elles souhaiteraient effectivement que les communications cryptées deviennent plus complexes à établir c’est-à-dire que le réseau Tor soit interdit d’usage ou bloqué en période d’état d’urgence mais aussi, en parallèle, que les développeurs d’applications de téléphone sécurisées livrent leurs clés de cryptage. Pourquoi ne pas imaginer que ces dernières soient toujours accessibles mais qu’il ne soit possible d’y recourir qu’en cas de force majeure ?

Des mesures illégales ou n’allant pas dans le bon sens

Alors que Le Monde a dévoilé le contenu de la note adressée par la Police au Ministère de l’Intérieur, il y a seulement quelques heures, Manuel Valls, le Premier Ministre français, n’a pas tardé à apporter une réponse très claire : « L’interdiction du WiFi n’est pas une piste envisagée aujourd’hui (…) Internet est une liberté, est un moyen extraordinaire de communiquer entre les gens, c’est un plus pour l’économie. »

D’ailleurs, au-delà de la volonté même des pouvoirs publics, il est important de noter qu’une partie des mesures sont techniquement impossibles à mettre en œuvre pour la simple et bonne raison qu’elles contreviennent à la Constitution. Aussi, à la vue de ces éléments, on comprend mieux pourquoi les élus politiques ont quasi-unanimement demandé l’établissement d’une nouvelle constitution pour mieux lutter dans des situations similaires aux tragiques attentats du 13 novembre 2015.

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