Kazakhstan : le gouvernement décide d’intercepter tout le trafic HTTPS

Kazakhstan

Depuis le milieu de la semaine dernière, le Kazakhstan met en pratique une mesure qui tend à rappeler que l’ancienne république soviétique n’est pas encore une vraie démocratie. En effet, le gouvernement a pris la décision d’intercepter tout le trafic HTTPS, et ce pour garantir une meilleure protection contre les pirates informatiques…

Un certificat émis par le gouvernement installé sur tous les terminaux connectés à Internet

Alors qu’Internet restait l’un des rares espaces de liberté au Kazakhstan, voilà que le gouvernement local a pris une mesure qui laisse penser que la censure va être de rigueur dans cette ancienne république soviétique.

En effet, le gouvernement kazakh a demandé à tous les fournisseurs d’accès Internet (FAI) opérant sur le territoire national de forcer leurs utilisateurs à installer un certificat qu’il a émis. Autrement dit, tant que le certificat n’a pas été installé dans tous les navigateurs web, les FAI doivent bloquer l’accès internet de leurs clients.

Ce certificat permet à l’État d’intercepter l’ensemble du trafic HTTPS ce qui signifie qu’au Kazakhstan, le gouvernement va pouvoir espionner les faits et gestes sur Internet de tous les résidents.

Très précisément, le certificat va d’abord déchiffrer le trafic HTTPS, examiner ce que font les internautes avant de le chiffrer et de permettre à l’internaute d’accéder au site souhaité. Du cyberespionnage dans toute sa splendeur…

Une mesure pour renforcer la protection des citoyens résidant au Kazakhstan  ?

Si l’on en croit le gouvernement, la mesure qu’il a prise va dans le sens de l’amélioration de la protection des citoyens et des administrations contre les attaques informatiques. Avouons-le, cet argument prête à sourire.

Qui plus est, la communication officielle du ministère du développement numérique a annoncé que seuls les habitants de la capitale Nur-Sultan (ex-Astana) étaient concernés par cette mesure, ce qui semble faux puisque de nombreux habitants d’autres communes se disent aussi touchés par cette mesure.

À titre d’information, il faut rappeler qu’en 2015 déjà, une tentative d’installation de certificat gouvernemental avait eu lieu au Kazakhstan. Des recours juridiques formulés par les FAI et par des gouvernements étrangers avaient conduit à l’abandon du projet.

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