Hackers lanceurs d’alerte : déjà une première affaire ?

Alors que l’Assemblée Nationale a voté un amendement qui a vocation à protéger les hackers lanceurs d’alerte, voilà qu’une première affaire pourrait inviter la justice à avoir recours à ce dernier. A moins que les organisateurs du FIC ne reviennent sur la plainte déposée à l’encontre des co-fondateurs de Cesar Security.

Cesar Security alerte la CEIS sur l’existence d’une faille sur le site du FIC

Il y a quelques jours, les deux co-fondateurs de Cesar Security, société experte dans les audits de sécurité et la prévention contre la fraude à la carte bancaire, ont noté l’existence d’une faille sur le site officiel du Forum International de la Cybersécurité (FIC) qui se tient le 25 et 26 janvier 2016 à Lille. Un comble !

Or, cette faille permettait d’accéder à la base de données des participants à l’événement ce qui était véritablement problématique.

Les deux jeunes hommes ont donc décidé de signaler par téléphone et via Twitter à la Compagnie Européenne d’Intelligence Economique (CEIS), société qui gère le site du FIC, qu’une faille existait. Mais la réaction n’a pas été celle espérée.

Quand les lanceurs d’alerte sont traités comme des hackers

En effet, alors que Cesar Security avait simplement souhaité lancé une alerte pour informer la CEIS, ce dernier a décidé de porter plainte contre les jeunes « hackers » pour « accès frauduleux à un système automatisé de données ».

Les deux jeunes hommes ont d’ailleurs été très surpris de voir débouler dans leurs bureaux la police qui a confisqué l’ensemble du matériel informatique de la toute jeune entreprise.

Les dirigeants de la start-up ne comprennent pas réellement ce qui s’est passé. La CEIS juge quant à elle que les deux hommes auraient tenté de monnayer leurs services et ne se seraient par conséquent pas comporter en lanceurs d’alerte.

C’est donc la justice qui devra faire la lumière sur cette affaire. Si Cesar Security est jugé comme étant un lanceur d’alerte, elle ne sera pas dérangée puisque l’amendement dernièrement voté prévoit une exemption de peine. Dans tout autre cas, la jeune start-up pourrait bien avoir tout perdu. Ne voulant vraisemblablement prendre aucun risque, la jeune société a d’ailleurs tweeté ce jour ses excuses. Un aveu de culpabilité ?

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