Chiffrement : Emmanuel Macron veut un système de réquisition légale

emmanuel macron

 A quelques jours seulement de la tenue du 1er tour des élections présidentielles, Emmanuel Macron a présenté son plan pour mieux lutter contre le terrorisme sur Internet. Dans son collimateur, se trouvent les réseaux sociaux et les opérateurs de messagerie proposant le chiffrement de bout à bout. Seulement voilà, ses propositions n’apportent guère de nouveauté.

Emmanuel Macron veut remettre en cause le chiffrement de bout en bout

Peu enclins à s’interroger sur cette question alors qu’il avait en charge le Ministère de l’Economie, le candidat du mouvement « En marche » a décidé de s’attaquer virulemment au chiffrement de bout en bout proposé par divers outils de communication souhaitant offrir un total anonymat aux échanges.

Pour Emmanuel Macron, le chiffrement facilite les opérations terroristes alors même qu’il nuit aux services de renseignements et à la police. Aussi, il entend, en s’appuyant sur ce constat, mettre en place un système de réquisition légale tel qu’il existe déjà pour les opérateurs de télécommunications.

Par de tels propos, il affirme ainsi vouloir contraindre les acteurs à remettre aux autorités leurs clés de déchiffrement. Seulement voilà, la théorie est une chose, la pratique en est une autre. L’imbroglio juridique autour du déchiffrement des contenus de l’iPhone d’un terroriste de l’attentat de San Bernardino a d’ailleurs été là pour le rappeler.

Mais aux contraintes juridiques, s’ajoutent des contraintes techniques puisque le principe même du chiffrement de bout en bout est que seuls les utilisateurs ont la clé de déchiffrement. Comment pourraient-ils alors être possibles que les sociétés les fournissent aux autorités ?

Reste alors l’idée de l’installation de la porte dérobée dans les smartphones mais là encore, rien de très probant en vue puisqu’une telle initiative affaiblirait surtout la sécurité de toutes les communications privées…

Les géants du web également ciblés

Selon Emmanuel Macron, la propagande sur Internet est à la base de la radicalisation de nombreux jeunes Français.

S’il est impossible de lui donner tort sur ce point, les mesures à prendre pour améliorer cela sentent réellement le réchauffé. En effet, il souhaite que les géants du web que sont Google, Facebook ou encore Twitter aient une « obligation absolue de résultats » lorsqu’il est question de lutter contre la propagande du terrorisme. Aucun principe de liberté ou de neutralité ne doit pouvoir être opposé à cette guerre.

Toutefois, les réseaux sociaux jouent plutôt bien le jeu et plusieurs géants du web ont signé un accord de bonne conduite avec l’Union Européenne afin de s’engager à supprimer les contenus haineux sous 24 heures.

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