Affaire Playpen : le FBI risque de faire un flop

Playpen

Souvenez-vous, en janvier dernier, nous vous expliquions comment le FBI avait utilisé le piratage pour piéger les utilisateurs du site pédopornographique Playpen. Eh bien, alors que l’affaire passait devant la justice américaine, voilà que ce que le FBI pensait être un « coup de force » pourrait bien se transformer en véritable flop.

Affaire Playpen  : un coup de filet pour rien ?

En 2015, alors qu’un réseau pédopornographique avait été identifié par le FBI, ce dernier avait souhaité réaliser un grand coup de filet en se donnant la possibilité d’arrêter les utilisateurs de ce site illégal baptisé « Playpen ».

Aussi, afin de connaître l’identité de ceux qui consultaient ce site, le FBI avait décidé de se servir de ce dernier comme un « honeypot » après en avoir pris le contrôle. Autrement dit, le site était resté en ligne avec son contenu et le FBI avait pu récupérer plus de 1300 adresses IP de visiteurs du site pédopornographique et ce même s’il se cachait derrière un logiciel d’anonymisation comme Tor.

Quelques semaines plus tard, le FBI pouvait ainsi procéder à un gros coup de filet … mais voilà que ce dernier risque bien d’être un bide retentissant !

Des preuves qui n’en sont pas selon la justice américaine

Si, depuis quelques semaines déjà, un vice de procédure relatif au mandat de perquisition était connu, voilà que la justice américaine a invalidé les preuves collectées par le FBI dans l’affaire Playpen.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le FBI refuse de communiquer sur la technique de piratage mise en place pour obtenir les données. Mozilla aurait pourtant pu aider les autorités à parler en demandant si le code source de son navigateur était en cause

Le FBI n’a donc rien voulu savoir et a gardé son secret sur cette pratique quitte à entraver les droits de la défense, la législation américaine imposant qu’un accusé soit en courant de la méthode utilisée pour collecter les données.

Par conséquent, toutes les données collectées sont irrecevables tout comme les preuves découvertes chez les accusés puisque les perquisitions ne se justifient plus non plus.

Il est donc surprenant que le FBI n’est pas révélé le mode opératoire des investigations pour que son travail ne soit pas vain mais peut-être estime-t-il tout simplement que le piratage du site Playpen aurait suffi à rendre les preuves invalides.

En attendant, voilà un joli coup de filet qui se transforme en énorme flop. Reste à espérer que les accusés dans cette affaire seront désormais surveillés de près et que l’affaire Playpen les aura fait réfléchir quelque peu sur leurs possibles actes.

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